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Métropolis, la métropole de 1837... Quelle sera votre révolution ? Romantique ou industrielle ?
 
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 Une table, devant la vitrine.

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Pietro-Luigi de Treviso
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MessageSujet: Une table, devant la vitrine.   Dim 14 Déc - 0:58

De nombreux badauds commençaient à se masser devant la vitrine de la brasserie...

- A la table, là... C'est lui ????
S'écria un homme un peu surpris.

- Non... Ce n'est pas possible... Il est en prison... C'est un homme qui lui ressemble...

- Mais non ! vous n'êtes pas au courant ? Le dictateur a été assassiné ! Une monarchie constitutionnelle a été inaugurée avec son successeur, un certain Ludwig II... Et les députés démocrates ont été libérés... C'est bien lui ! Il est libre ! La démocratie a été restaurée...


A l'intérieur de l'établissement, Treviso, fraichement libéré, avait pris une table en compagnie de son fidèle ami Letta, son ancien chef de cabinet, et de sa soeur Chiara.


- Ah mes chers, que c'est bon d'être libre... Je n'ai pas encore eu le temps de me rendre compte de se qui vient de se passer. Peu importe, j'ai faim...

Il se tourna vers le tavernier.

- Adaaaam, mon ami ! Sers-nous donc une grappa, ça nous réchauffera. C'est qu'il fait bigrement froid, dans ton établissement ! Ces mois de dictatures t'auraient-elles privé de bois en même temps qu'ils nous privaient de liberté ?

Adam bougonna en remettant des buches dans le grand poêle centrale.

- Nous prendrons le plat du jour... Nous te faisons confiance... Tu nous serviras un Prosceco avec, s'il t'en reste. Ton prix sera le mien, vieil ami.

Il se tourna ensuite vers ses amis pendant qu'Adam leur servait un verre de Grappa.


- Bien... Si j'en crois les nouveaux décrets, te voilà premier-ministre, Pietro... Lança Letta en lui tendant un document....

Treviso le lut rapidement.

- Il semble en effet qu'ils vont reconstitué le parlement de manière identique à l'ancien... Mais il y a un léger problème, ici... Fit Treviso en montrant un article à Letta.

- Oui, c'est vrai que c'est ambigu...

- Pour le moins... C'est trouble. Ils ont interdit vraisemblablement la CNST de Crow... Mais que faut-il penser du parti socialiste ? Est-il autorisé ? Rien n'est moins sûr... Si l'on lit le décret, de toute évidence, s'ils veulent continuer de siéger, les socialiste devront se refondre, sous une l'appellation de Populaires Sociaux et jurer fidéliser à la charte constitutionnelle... Combien consentiront à cela ? J'ai bien peur que cela ne renforce les extrémistes et que cela ne les pousse à un certain jusqu'au boutisme clandestin...

- C'est vrai.

- Que sais-tu de la volonté de Crow et Torellini ? As-tu des contacts avec eux ? Que veulent-ils faire... Il faut prendre des contacts avec eux... Si j'accepte le poste de premier ministre, je ferai tout ce que je peux pour les légaliser de nouveau. Mais il faut qu'ils jouent le jeu et s'engage à ne pas utiliser la violence en attendant. Car cela risquerait de mettre en péril mon plan.

- C'est peine perdu si tu veux mon avis. Torellini s'accommode fort bien de cette situation qui leur permettra de prospérer mieux que s'ils étaient légalisés mais encadrés. Pour eux, c'est un boulevard vers une révolution prolétarienne. Rien ne dit qu'ils accepteront de jouer un nouveau jeu avec nous.

- Oui... C'est vrai... Et puis, moi, je vais me retrouvé tout aussi prisonnier si j'accepte le poste de premier ministre... Un prisonnier doré... mais je n'aurai plus les moyens de ma politique... Ni la possibilité d'appliquer mes idées... Non. Je vais savourer ma liberté. Je ne vais pas accepter ce poste. J'aurai ainsi plus de crédibilité pour lutter pour mes idées.


Sur ces mots, Adam leur apporta le plat du jour.

- Mama mia ! Que ça sent bon ! Et bien, on dirait que la récession ne t'a pas vraiment touché, Adam ! Mais où donc t'approvisionnes-tu pour nous proposer de si succulents plats ?

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Pietro-Luigi de Treviso. Président du Conseil de 1837.
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Bénédicte Torellini, CNST
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MessageSujet: Re: Une table, devant la vitrine.   Dim 14 Déc - 1:39

<< Chez nous bien sur ! La voix de Torellini était goguenarde et son sourire plus large que jamais. Prenant tabouret, il s'assit devant le coin de leur table.
Je suis tout à fait désolé que vous me trouviez déplaisant cher Letta. Vraiment, j'en suis for marri croyez le bien. Toutefois j'ai mes raisons que vous ne pourriez comprendre. En ce qui me concerne, le choix à faire est déjà entrepris ; monsieur de Trevize, content de vous voir en forme après les mauvais traitements subis. Et très heureux de vous voir si réaliste quand à la charge de paille que l'on vous offre.
Si mon petit syndicat de terroristes dangereux, mais supportant la majorité de l'activité de cette ville.... peut faire quelque chose pour vous....

Humant le plat avec plaisir
Aaaaah ! Voilà longtemps que je n'avais senti odeur si familière.... amènerais tu un peu de risotto à un ami camarade Smith ? >>
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Chiara Antesolo
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MessageSujet: Re: Une table, devant la vitrine.   Dim 14 Déc - 1:48

Chiara sourit.

- Monsieur Torellini ! Vous prendrez peut-être place à nos côtés... Entre compatriotes, nous devrions au moins tomber d'accord sur le menu et le vin ! C'est déjà beau, n'est-ce pas ? Et puis ce que j'ai à dire à mon frère pourra aussi peut-être vous intéresser...

Elle éclata d'un rire complice avec cet homme qui en d'autres circonstances l'aurait sans doute traitée de sociale-traitre...

- Je crois en effet que Monsieur Torellini s'accommodera très bien de cette nouvelle situation... Je crois aussi qu'il nous a rendu un fier service aujourd'hui... Même si en tant que sociale démocrate, je hais la violence et la réprouve, cela va de soi !

Ses dernières paroles l'a firent sourire ironiquement. Elle souriait car depuis quelques mois elle avait aussi fréquenté la clandestinité et s'était parfois engagée dans des actions quelque peu directes que d'aucun auraient qualifiées de terroristes...

- Le cas des députés socialistes est différent de celui de la CAS/CNST... Je ne pense pas que Bénédicte me contredira sur ce point.
Car eux, ils sont encore légaux... Mais cependant plus pour très longtemps. Juste le temps de se transformer de force. En effet, le décret prévoit de les intégrer "de force" au parti social-démocrate comme une de ses composantes. En gros, ils ne seront plus qu'une association et s'ils veulent être élus, ils devront l'être sur les listes des sociaux-démocrates.
Alors c'est une bonne et une mauvaise nouvelle à la fois pour les sociaux-démocrates car sur le papier cela va leur permettre d'inclure un électorat plus populaire mais rien n'est moins sûr en réalité.
Se sentant lésé, il se peut en effet que les masses populaires qui vont être de plus en plus travailleuses ne s'associent au contraire aux syndicats clandestins et ne se structurent clandestinement autour de la SAC/CNST pour peu à peu créer un vaste mouvement souterrain et incontrôlable.
Je ne doute pas que cela vous réjouisse Bénédicte mais je ne crois pas que ce soit bon pour le progrès social.
Je suis désolée mon cher Bénédicte mais je vous préfère légaux... C'est ainsi. Ne serait-ce que pour avoir le plaisir de disserter librement avec vous.

Elle se tourna vers son frère.

- Torellini est un homme fort cultivé avec qui il est fort plaisant de discuter... Quand il n'est pas ronger par ses démons despotiques et destructeurs...

Elle éclata de rire.

- Dans tous les cas, cher frère, je suis heureuse de te savoir libre et c'est tout ce qui compte.
Si tu souhaites arrêter momentanément la politique, je te comprends. Cela dit, je vais pour ma part m'engager au sein des sociaux démocrates et faire en sorte de rallier le plus d'ex-socialistes possibles au parlement. C'est là mon devoir.
Désolé mon cher Bénédicte...

Elle éclata de rire de nouveau.

- Si tu le permets, Pietro, je vais reprendre ta suite. Il vaut mieux être à l'intérieur qu'à l'extérieur. Ne serait-ce que pour y organiser notre grand retour qui aura lieu, j'en suis sûre et qui associera toutes les forces du progrès social, monsieur Torellini, y compris le vôtre, cela va de soi ! Car pour réussir les forces du progrès social doivent s'unir dans leur diversité et non se déchirer.

Elle fit à Pietro un sourire de petite fille comme lorsqu'enfant, elle avait une faveur à obtenir de son grand frère.

- Acceptes-tu que je te succède ? Il ne faut pas que nous perdions cette chance de rester au contrôle des choses et de l'avenir.

Letta était silencieux et inquiet.

- Evidemment, Letta, vous me seconderez.
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Bénédicte Torellini, CNST
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MessageSujet: Re: Une table, devant la vitrine.   Dim 14 Déc - 2:13

Allons Donc ! Ces derniers temps je fus plus rongeur que rongé ! L'avantage d'avoir l'ennemi en face de soi j'imagine... ce n'est pas le cas du frère Crow.

Miss, je ne vois vraiment pas de quoi vous voulez parler... aujourd'hui, comme tout bon travailleur, je me faisais fouetter à l'usine ! Bénédicte éclata d'un grand rire et fit un clin d'oeil à Chiara. Jamais l'humble criminel que je suis n'oserais aller à l'encontre de la loi madame ! C'est mon honneur de gredin italo-anarchiste que vous bafouez !

Reste qu'aujourd'hui, je ne puis plus me présenter aux côtés de mes amis socialistes. Mais ils auront tout de même leur utilité je vous l'assure. Le chien mort plus facilement son maître lorsque celui-ci s'attend à être léché.
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Chiara Antesolo
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MessageSujet: Re: Une table, devant la vitrine.   Dim 14 Déc - 2:25

- Ce risotto est fort savoureux ! Auriez-vous des réseaux insoupçonnées pour nous gâter de la sorte Monsieur Torellini ? fit-elle en riant.

- Je vous en supplie Bénédicte. L'heure est à l'incertitude. Dans l'incertitude tout peut arriver. Il est temps d'unir nos troupes renforcées par la clandestinité et non pas de se déchirer. Nous confierons à Crow le ministère de la défense et à vous, nous confierons les transports, monsieur Torellini. Deux postes clés qui nous permettront tous ensemble de créer une société progressistes et sans laissés pour compte. Vous préférez que nous laissions ces postes à De Roop et aux libéraux jusqu'à une révolution qui n'est même pas sûre d'arriver ? Acceptez le ralliement des socialistes. Laissez-nous quelques semaines de répis et je convaincrai moi-même le nouveau roitelet de légaliser les syndicats et de nous laisser gouverner.
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Pietro-Luigi de Treviso
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MessageSujet: Re: Une table, devant la vitrine.   Dim 14 Déc - 2:33

- Torellini ! Et dire qu'il m'aura fallu être incarcéré pour avoir enfin l'honneur de vous rencontrer...

Treviso affichait un sourire triste. Il semblait vieilli et fatigué.


- Ma soeur a raison. Il nous faut nous unir. Chiara bella, je te cède volontié ma place dans ce... merdier... Et ce n'est pas un cadeau que je te fais malheureusement ! J'espère que tu parviendras à rallier le plus d'hommes de bonne volonté possible.

Il leva son verre.

- Et bien, Torellini, ce prosceco me donne le vertige ! Ha ! Vous allez me faire souffrir de nostalgie ! Au socialisme et à la démocratie !


Il but.

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Bénédicte Torellini, CNST
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MessageSujet: Re: Une table, devant la vitrine.   Dim 14 Déc - 2:34

Il s'agit de nos réserves "de guerre" madame... celles-là mêmes rendues indispensables par l'activité syndicale, surtout ces derniers temps. Pour en profiter, il suffit d'adhérer.

Mais le pouvoir, très peu pour moi. Je n'ai jamais fait qu'encadrer... encadrer et recadrer. Ce n'est pas moi qui peint les toiles que j'entoure. Je ne saurais accepter la moindre charge publique, elle aurait tôt fait de me pousser à la folie ou la trahison et je ne peux l'accepter. Ma vie est déjà tracée et elle doit être jalonnée de combats et de sang, faite de pauvreté et d'abnégation. Et je ne crois pas que, de toute façon, le prince nous accueille Crow et moi. Même s'il restaure aussi la CAS, nous servirons d'exemple. J'ai souvent connu des situations... par trop similaires...
Mais au cas où... demandez tout de même à Crow. Il acceptera peut-être, mais cela le détruira tôt ou tard aussi assurément que mon existence m'a détruit aux yeux d'autrui.
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Chiara Antesolo
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MessageSujet: Re: Une table, devant la vitrine.   Dim 14 Déc - 2:38

- Qui dit que nous maintiendrons au pouvoir ce roitelet falot et palot ? Personne et surtout pas moi. Nous devrons l'éliminer tôt ou tard et rendre au peuple de Metropolis sa véritable république et cette république devra être démocratique mais aussi et avant tout sociale, monsieur Torellini. Comme elle n'aurait jamais du cesser de l'être. En attendant, trinquons avec Pietro.
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Bénédicte Torellini, CNST
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MessageSujet: Re: Une table, devant la vitrine.   Dim 14 Déc - 2:42

Soit ! A l'Utopie !

Et que la dame noire me préserve assez longtemps pour que je vois la monarchie s'effondrer à travers toute l'Europe, l'Asie et l'Amérique.
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Octave de Roop
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MessageSujet: Re: Une table, devant la vitrine.   Dim 14 Déc - 2:57

- Comme le monde change vite.

La porte s'ouvrit. Bigre... Si il y a bien à Métropolis un personnage d'ordinaire casanier et renfermé, c'est bien Octave. Mais ce jour-là, il avait décidé de rôder en ville, et de faire courir son spectre sur chaque facade. Secondé par plusieurs associés vêtus avec class et sobriété, il pénêtra dans la taverne d'un pas large et pesant. Emmitouflé dans son manteau noir et avec la lumière jouant sur les traits cassés de son visage, il semblait être un vampire, et avait dans les yeux cette lueur des animaux qui se réveillent d'une longue léthargie.
Bien que peu locace, il s'exprimait avec toujours cette déroutante facilité :


- Eh bien, eh bien. Je vois que tout le monde s'est donné rendez-vous ici-bas... On peut dire que le hasard fait bien les choses. Le hasard ! Ah, que j'aime cette manière qu'ont les Hommes de nommer leur libre-arbitre... "Dieu", "le Hasard",... "le marché"... Toutes ces lueurs vacillantes ne sont-elles vraiment que du hasard... Aujourd'hui un tyran tombe, demain peut-être un autre ? Hasard....?

Il considéra l'assemblée autours de lui en balayant la salle du regard. Il fit signe à ses associés de se diriger vers le comptoir, et leur donna sa cape. Il ne conserva que sa canne, et décrivait des cercles avec le pommeau d'or de celle-ci, comme pour faire la leçon :

- Aujourd'hui meurt un tyran... C'est la fin d'un monde, et la naissance d'un autre... Comme le diraient vos romantiques. Et ils ont raison, car lentement un vent nouveau se lève ! Les rangs des libéraux ne cessent d'enfler, les bourses redécollent, le gouvernement lui-même se veut protecteur des entreprises... C'est plus qu'une machine qui redémarre ! C'est un monstre collosal, un grand oiseau antique, froid et mençant, qui déploie de nouveau ses ailes rouillées et grinçantes sur la lande étourdie !

Faisant le tour de la tablée, il montrait chacun des convives avec sa canne :

- Avez-vous seulement idée ? Avez-vous seulement idée de ce qui est en train de se produire ? La balle change de camp... C'est un nouveau tour de jeu qui commence ! Enfin cette ville va vraiment naître ! Enfin elle va vivre ! Les grandes orgues de l'industrie vont pouvoir souffler toutes leurs mélopées, emplir les rues et les ruelles, rythmer chacun et chaque chose !

Octave grimpa sur une chaise. Sa voix se fit plus forte, il leva les poings au ciel et s'adressa à la taverne :

- L'heure n'est plus à l'utopie ni aux rêves d'enfants ! Les ligues révolutionnaires sont interdites, les routes de commerce sont réouvertes, les échanges reprennent, la production repart, et la Fédération Itacante va enfin naître ! Nos manufactures ouvrent de nouveau leurs portes aux masses des travailleurs ! Et désormais c'est à de vrais révolutions de faire leur oeuvre ! Les machines grondent, sentez leur chaleur vous happer, vous attirer vers elles... L'heure est venue, la cadence augmente.... C'est un nouvel âge qui commence !
Le grand soir industriel va arriver !


Les sbires d'Octave levèrent la tête et regardèrent leur leader s'agiter sur une chaise. L'un d'eux essaya prudemment :

- Monsieur De Roop, vous ne devriez pas vous emporter comme ça... Le médecin a dit...

- SILENCE ! !
Comme je le disais : le grand soir industriel ! C'est bientôt à notre tour de renverser certaines icônes de l'Ancien monde. Vous verrez ! Que vous soyez socialistes, romantiques, franc-maçons ou quoi que ce soit, vous aurez tous le même tribut à payer pour vous être opposés au progrès ! Le Progrès, ce train qui ne s'arrête pas, et écrase les inconscients qui se jettent sous ses roues pour le freiner... A bon entendeur, populasse assoupie ! Son sifflet retentit...


Il sauta de sa chaise et attrapa sa cape, avant de déclamer :

- Cordialement vôtre ! Passez une agréable nuit, et reposez-vous bien... Demain, peut-être, vous porterez des rails et des sacs de charbon ! Le hasard vous le dira...Ahahahahahahahahahahah !

Il s'enfonça dans la nuit. Déjà moins glorieux au dehors de la taverne, il se courba et manqua de chuter alors que ses associés le soutenaient, puis il clopina vers une autre taverne pour procéder sans doute à une autre harangue...
On vit en fait qu'il se dirigeait vers l'Hotel de Ville...

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[L'homme de 1837 calcule au fond de son bureau victorien. Sa Victoire se dessine...]
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Chiara Antesolo
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MessageSujet: Re: Une table, devant la vitrine.   Dim 14 Déc - 3:19

Ils regardèrent tous De Roop s'éloigner, comme s'il les avait sonnés.

- Voilà mon cher Torellini ce qui nous attend. Et dans ce nouveau monde où chacun aura sa part de consommation en échange d'un esclavage consenti, personne ne pourra plus se révolter. C'est ce qui nous attend, demain, si nous ne nous unissons pas. Je vous assure Bénédicte que personne ne se révoltera plus devant le semblant de liberté apporté par ce progrès-enfermement que promet Monsieur De Roop. Vraiment, de toute évidence des élections vont avoir lieu et nous devons nous unir au risque de laisser triompher les libéraux et leur nouvelle donne oppressante. Aidez-moi Benedicte pour redonner son sens authentique au mot progrès, aidez-moi. Sans doute mon sexe et ma provenance ne vous permettent-ils pas de me prendre tout à fait au sérieux, et j'en suis navrée, mais je crois en certaines valeurs qui ne sont pas si éloignés que ça des vôtres. Je crois avoir été instruite aussi bien que les hommes qui dirigent actuellement les partis de ce pays. J'ai sans doute eu le confort d'être née dans une famille aisée mais cela ne me rend pas moins insensible à l'odieuse misère. Nous avons le choix entre deux mondes. L'un sera fait d'un progrès technique anesthésiant et d'un esclavage insidieux. L'autre sera fait de partage, de joie et d'amitié. Nous devons nous battre aujourd'hui pour le monde dans lequel vivront nos enfants. Vous avez des enfants Torellini ? J'espère bien pour ma part, comme toute femme, en porter et en élever un jour. Et j'espère pour eux un monde où ils seront libres et où ils ne souffriront ni de misère ni d'un insidieux esclavage dépourvu de pensé. Aidez-moi à faire en sorte qu'un jour nos descendants soient fiers de vous, de moi, de nous.
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Pietro-Luigi de Treviso
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MessageSujet: Re: Une table, devant la vitrine.   Dim 14 Déc - 3:51

Le regard du vénitien se perdait dans le vague à mesure qu'il savourait son prosceco...

- Ce monde est fou... Oui ce monde est fou... Tu as raison, soeurette... J'espère que tu ne t'useras point à ce combat qui moi m'a usé. Bénédicte, Crow, aidez-la... Ne serait-ce que pour ce qu'elle vous foute la paix !

Il éclata de rire devant le regard sombre de sa soeur...


- JE PLAISANTE ! NE BOUDE PAS ! Evidemment que tu as raison, soeurette ! Et évidemment que je souhaite de tout mon coeur que tous te soutiennent pour que tu parviennes à faire tomber ce système injuste !


Il se tourna vers Torellini...

- A part ça, je me demandais, vous n'auriez pas une planque suffisamment chauffée pour que je puisse passer la nuit sans risquer de mourrir ? Demanda le vénitien... Parce que dans sa fureur, le précédent dictateur a confisqué mon appartement et l'a revendu à un couple de Prussiens qui ne consent pas de me le restituer... Voyez-vous, je suis un clochard, mon cher Torellini. Cela ne me déplait guère. Je me sens plus libre. Mais je dépends de la générosité d'autrui pour être hébergé... si vous pouvez m'accorder une planque, je cotiserai bien volontié à votre syndicat clandestin ! Fit-il en éclatant d'un rire qui laissait entrevoir une pointe de tristesse.

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MessageSujet: Re: Une table, devant la vitrine.   Dim 14 Déc - 3:57

Attendrie, Chiara pris la main de son frère.

- Pietro ! Il me reste heureusement mon grand appartement et tu y seras le bienvenue ! Tu ne crois tout de même pas que ta petite soeurette va te laisser tomber ! Et Monsieur Torellini sait où j'habite alors il pourra à loisir venir discuter avec toi... Ce qui ne t'empêchera pas, non plus, d'aller te planquer, en journée, chez ces diables de syndicalistes illégaux !

Elle éclata de rire... puis se tourna vers Torellini...

- Vos ramifications vous approvisionnent-elles également en desserts ? Parce que je meurs d'envie d'un tiramisu... Pas vous ?
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MessageSujet: Re: Une table, devant la vitrine.   Dim 14 Déc - 4:03

Vous vous méprenez madame, j'ai un grand respect pour vous ; mais ne me confondez pas avec un autre. J'ai fait un choix voilà longtemps et demeurerai inflexible. Tout être choisissant la voie du socialisme est placé devant un choix. Trahir ses idées en espérant les répandre plus facilement et faire progresser la société plus vite, ou Trahir la société pour préserver ses idées dans ce qu'elles ont de plus pur et de plus beau. Mon choix est fait. J'ai préféré sauvegarder le socialisme en moi, le maintenir aussi pur que possible, en être le gardien au prix de ma dignité d'homme ; pour cela je suis perçu comme un monstre par bon nombre de personnes. Elles n'ont pas tort. J'ai accompli de nombreuses choses au nom du socialisme, mais si c'était à refaire je le referais sans doute, malgré la culpabilité permanente, consciente et justifiée à laquelle m'a mené cette existence.
Si j'avais choisi l'autre voie, j'aurai corrompu le socialisme en moi pour répandre autour de moi des idées... qui auraient disparu en cours de route... à force de compromis. A force de m'efforcer d'être respecté de mon prochain, de ne pas le bousculer. Je vivrais en me haïssant d'avoir tué le socialisme en moi, en me haïssant d'autant plus que les "convertis" m'acclameraient précisément parce que je serais devenu un traitre à mes idéaux. Je ne puis diriger. Je ne suis que le guide des camarades...
Crow est bien plus à même que moi de s'occuper de cela, lui seul suffira comme ministre, d'autres camarades pourront sans doute faire l'affaire...
Je suis de ceux qui disparaissent dans les méandres de l'Histoire, ce ceux qu'on se plait à oublier dans une fosse commune.

Je ne saurais assumer autre tâche que la mienne : assumer les pleines responsabilités des crimes que nous -que j'accomplirai- au nom du socialisme. Ce que ce De Roop veut mettre en place est la démonstration qu'on ne peut composer avec le capitalisme sans qu'il ne nous souille... je combattrai et je mourrai. Pour la dame en noire et pour sa descendance, mais je mourrai sans avoir jamais connu le pouvoir.

Le seul que j'ai jamais possédé est celui d'offrir mon hospitalité à mes camarades et à ceux qui en ont besoin. Venez chez moi vénitien, si la demeure d'un milanais ne vous dérange pas trop. Il acheva sa tirade sur un sourire sincère
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MessageSujet: Re: Une table, devant la vitrine.   Dim 14 Déc - 4:42

- se non posso fare differentemente va per la casa di un milanese ! Fit il en éclatant également d'un rire sincère.

Il se tourna vers le comptoir et interpela un Adam qui semblait étrangement soucieux et contrarié depuis quelques heures.

- Adam ! Porca Madona ! Viens donc trinquer avec nous et remplis nos godets de ta meilleure Graspa (fit-il avec l'accento veneto)...

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